Résumé condensé d’un article de Sylvie Pflieger par Christine Poirier
Cet intéressant article examine l’impact du numérique tant sur l’artiste, son oeuvre, ses collaborateurs et promoteurs que sur les consommateurs et la société plus globalement. En effet, cette ‘façon de faire l’art’ soulève plusieurs questionnements. Elle oblige à repenser les marchés, les processus créatifs eux-mêmes, leur valeur et leur raison d’être. Plusieurs avantages indéniables s’observent avec l’usage grandissant et incontournable des nouvelles technologies. Cependant, des défis assez importants sont à relever inévitablement pour ceux et celles qui veulent reproduire concrètement les impulsions créatrices de leur être et ce, peu en importe les formes. La capacité à bien manier et à comprendre ces nouveaux moyens de communication, de création et de diffusion de plus en plus sophistiqués ainsi que leur transformation incessante, oblige à s’y adapter quiconque veut naviguer dans cet univers en constante expansion…au risque de manquer le bateau!!
Tout d’abord, l’œuvre numérique implique nécessairement l’usage d’un ordinateur et d’une connexion Internet à un moment ou un autre du processus créatif ou de la diffusion de celle-ci. C’est ce qui la distingue des formes artistiques précédentes et qui soulève des questionnements quant à sa valeur et son impact, notamment selon les institutions publiques. Pour être en mesure de l’apprécier, un équipement approprié est nécessaire et, du fait que plusieurs expertises sont requises pour qu’elle prenne forme, les droits d’auteur en sont complexifiés.
Malgré tout, ces oeuvres, qui se définissent à l’origine par la réduction de leur composantes distinctes en points auxquels on attribue ensuite des valeurs numériques, permettent d’accéder à une infinité de possibilités de par le remaniement d’images ou sons encodés par une personne apte à le faire, d’où les connaissances nécessaires grandissantes pour réaliser ces nouvelles possibilités.
Ainsi, les œuvres numériques sont le fruit d’une importante interdisciplinarité, requérant le savoir-faire non seulement d’artistes ou d’artisans, mais de programmeurs, d’ingénieurs et de bons diffuseurs, notamment les galeristes. Donc, sa mise en marché est plutôt risquée, étant donné l’investissement important de temps et d’argent puis du fait que le produit créé ne corresponde pas nécessairement à une demande réelle du marché. Une attention particulière doit être portée, en plus de la qualité de l’œuvre elle-même et de sa diffusion, à la notoriété même de l’artiste.
Ces créations sembleraient, selon Miguel Chevalier, artiste important dans cet univers du numérique, davantage appréciées par des collectionneurs plus âgés, possédant une bonne culture générale, contrairement aux plus jeunes qui, malgré leur exposition précoce aux technologies, seraient moins enclins à les acquérir. L’État semble aussi vouloir promouvoir certains de ces artistes contemporains, qui sont plutôt à jour avec la mondialisation. Toutefois, la démocratisation de l’œuvre numérique reste discutable, nécessitant d’importants intermédiaires entre l’objet de création et celui qui est censé être en relation avec.
